mercredi 26 janvier 2011

[USA] Obama : L'état de l'Union

Le 25 janvier 2011, le président Obama a prononcé son discours sur l'état de l'Union à la Chambre des représentants de Washington. La plupart des observateurs pensent que M. Obama y donne le coup d'envoi pour la campagne électorale des prochaines présidentielles aux États-Unis, dont la date est en principe fixée au mardi 6 novembre 2012.  Ce serait en effet une grande surprise si Barack Obama renonçait à se présenter pour un second mandat. - Selon les commentateurs, le président s'adresse d'abord à la classe moyenne. Comme l'écrit le quotidien allemand Die Welt : "L'Irak, l'Afghanistan, la Chine ou le climat ? Rien de tout cela au cours des premières 48 minutes. Dans son discouts à la Nation, Barack Obama a été très clair sur les points essentiels de la seconde partie de son mandat. Il veut le rétablissement économique de la patrie  : des jobs, des jobs, des jobs." Le problème, rappelé par Die Zeit, est que le président "Obama a besoin des républicains sans lesquels il ne peut pas gouverner et changer les choses. Et il doit reconquérir la confiance perdue des électeurs. [...] Mais dans son discours, le présidant évita de regarder en arrière. La défaite cinglante de son parti aux  élections du Congrès en novembre [2010] et le fait que les électeurs du centre sans attaches politiques lui ont tourné le dos l'incitèrent à progresser dans ce même centre politique, les yeux tournés vers l'avenir. [...] Or, la lutte pour la réforme du système de santé et la réduction des gaz à effet de serre, pour les programmes de conjoncture et le contrôle des banques a agrandi le fossé politique. Les républicains ont organisé la résistance contre le président réformateur. Même aux yeux d'un grand nombre d'électeurs du centre, Obama semblait davantage diviser que réconcilier. Beaucoup l'ont  catalogué comme un gauchiste sans compromis."

Le Figaro écrit : "Retrouvant son talent d'orateur inspiré pour son deuxième discours sur l'état de l'Union, le président a appelé démocrates et républicains à travailler main dans la main pour créer les gisements d'emplois du XXIe siècle et s'attaquer aux déficits qui plombent l'économie américaine. - Face aux deux Chambres du Congrès, aux membres du gouvernement, aux juges de la Cour suprême et aux centaines d'invités venus l'écouter dans le cadre solennel de la Chambre des Représentants, Barack Obama a retrouvé ses accents de rassembleur et son talent d'orateur inspiré, pour conter à la nation américaine «le voyage» vers «l'innovation» et la «réinvention de l'Amérique» qu'il entend mener avec elle, avec l'aide de l'opposition républicaine. «Nous faisons de grandes choses, c'est pour cela que nous sommes gagnants dans ce monde», a-t-il lancé lors du deuxième discours sur l'état de l'Union de son mandat, évoquant le parcours du jeune entrepreneur Brendon Fischer, qui avait su adapter en quelques jours, cet été, la technologie de forage qu'il avait mise au point, pour voler au secours des mineurs chiliens coincés au fond d'une mine. [...] Dans l'ensemble, Barack Obama s'est positionné au centre, se présentant comme l'homme d'une approche raisonnable et pragmatique, loin des empoignades partisanes. «Au lieu de refaire la bataille des deux dernières années, changeons ce qui doit l'être et passons à autre chose», a-t-il dit notamment à propos de la réforme de la santé, que les Républicains ont promis de déconstruire point par point. «Le temps est venu d'agir pour les deux partis de forger un compromis de principe», a conclu le président, rappelant l'attachement de tous à la famille Amérique, «cet endroit où tout est possible qui que vous soyez et d'où que vous veniez»."